Moishe Postone:Antisémitisme et national‑socialisme

Quel est le rapport entre antisémitisme et national-socialisme1? En Allemagne fédérale, le débat public sur cette question se caractérise par l’opposition entre les libéraux et les conservateurs d’une part, et la gauche d’autre part. Les libéraux et les conservateurs ont tendance à mettre l’accent sur la discontinuité entre le passé nazi et le présent. Quand ils évoquent le passé nazi, ils se focalisent sur la persécution et l’extermination des juifs et négligent d’autres aspects centraux du national-socialisme. Par là, ils entendent souligner la « rupture absolue » censée séparer la République fédérale du Ille Reich. Ainsi l’accent mis sur l’antisémitisme permet-il paradoxalement d’éviter une confrontation radicale avec la réalité sociale et structurelle du national-socialisme. Cette réalité n’a certainement pas complètement disparu en 1945. En d’autres termes, la condamnation de l’antisémitisme nazi sert aussi d’idéologie de légitimation pour le système actuel. Cette instrumentalisation n’est possible que parce que l’on traite l’antisémitisme d’abord en tant que forme de préjugé, en tant qu’idéologie du bouc émissaire, voilant ainsi le rapport intime entre l’antisémitisme et les autres aspects du national-socialisme.

Pour la suite de l’article:

http://sd-1.archive-host.com/membres/up/4519779941507678/AntisemitismeetnationalsocialismeparMoishePostone.pdf

Publicités

Der Islam kannte keine Reformation und keine Aufklärung, so lautet ein gängiger Vorwurf. Dabei hatte der Islam beides gar nicht nötig. Sein Unglück war der Westen. Von Frank Griffel

Wenn im kommenden Jahr Luthers Reformation gefeiert wird, denken viele auch an
den Islam. Die Probleme moderner islamischer Gesellschaften werden häufig damit
erklärt, dass es im Islam keine Reformation und keine Aufklärung gab. Die
Aufklärung gilt dabei als Zurückdrängung der Religion und Stärkung einer davon
unabhängigen philosophischen Tradition. Nach dem Untergang der arabischen
Philosophie im Mittelalter fehle dem Islam ein Gegenpol zur Macht des Religiösen,
wird oft beklagt. Neue Ansätze in der Islamwissenschaft aber versuchen zu zeigen,
dass dem nicht so war, ja, dass es im Islam vor der Konfrontation mit dem
Kolonialismus nie eine Situation gab, in der – wie in Europa – Reformation und
Aufklärung nötig waren.

Alain Bertho: « Il faut être clair : un monde a pris fin, il n’y aura pas de retour en arrière »

L’après 13 novembre

Alain Bertho est professeur d’anthropologie à l’université Paris-VIII, il prépare un essai sur « les enfants du chaos », à paraître aux éditions La Découverte en janvier 2016.

par Ivan du Roy 26 novembre 2015

Pour combattre efficacement l’Etat islamique et son offre politique de mort et de désespoir, « nous devons réfléchir à la révolte qui est à la racine de ces crimes », suggère l’anthropologue Alain Bertho, qui prépare un livre sur « les enfants du chaos ». A la racine du mal, la fin des utopies, enterrées avec l’effondrement de tous les courants politiques progressistes. Le XXIe siècle aurait oublié l’avenir au profit de la gestion du risque et de la peur, indifférent à la colère des jeunes générations. Entre un quotidien militarisé et le jugement dernier à la sauce djihadiste, seule « la montée d’une autre radicalité » pourrait raviver l’espérance collective.

Continuer la lecture de Alain Bertho: « Il faut être clair : un monde a pris fin, il n’y aura pas de retour en arrière »

Présentation de l’intervention de Norbert Trenkle et Ernst Lohoff

Idéologies régressives et identités collectives en temps de crises.

Le processus accéléré de crise du capitalisme globalisé provoque un sentiment d’incertitude profond qui traverse toute la société. Alors que toujours plus de gens sont rendus « superflus » et se retrouvent réduits à vivre dans la précarité, les contradictions sociales s’aggravent et la politique agit de façon de plus en plus impuissante face aux grand nombre simultané de manifestations de la crise.

Mais la subjectivité moderne n’est pas épargnée par ce développement. Face à la désorientation généralisée on assiste à un véritable boom des théories du complot, les offres abondantes de constructions identitaires trouvent de nombreux adeptes et le discours public est marqué par la construction de représentations d’ennemi. Toujours plus de gens cherchent refuge dans des communautés imaginaires qui sont définies la plupart du temps à travers des identités nationales ou « religionistes ». Face au sentiment d’impuissance crée par l’opacité des processus sociaux, ces identifications offrent une sensation de puissance et de sécurité. Cela va toujours de pair avec une définition ami-ennemi très polarisée. Dans ce sens l’islamisme et le nationalisme représentent les deux côtés de la même médaille. Ce qui apparait comme un « choc des civilisations » est en vérité l’expression d’une polarisation idéologique et subjective au sein du processus de crise capitaliste au caractère de plus en plus violent. L’émancipation sociale a pour condition sine qua non une crique radicale de ce développement dangereux et régressif.

Pourquoi l’islamisme ne peut pas être expliqué à partir de la religion

 

Norbert Trenkle

 

Comme toujours après un acte de terreur islamiste, le débat public a également tourné, après le massacre dans la rédaction de Charlie Hebdo et dans le supermarché juif à Paris, autour de la question de savoir ce que « l’islam » a en effet à voir avec cela. Toutefois, au niveau politique officiel et dans les mass media, cette question fut, cette fois, posée avec beaucoup moins d’agressivité que lors d’événements antérieurs. Le son de cloche dominant fut que la société ne devait pas se laisser diviser, et qu’aucun point de vue religieux ne saurait justifier la violence terroriste. Mais cela ressemblait plus à une manière de se rassurer. Car il est malheureusement assez clair que les actes monstrueux de Paris apportent de l’eau au moulin du fondamentalisme raciste et nationaliste qui se répand à travers toute l’Europe et qui affirme toujours plus bruyamment que l’islam serait, selon son essence, incompatible avec les valeurs de la « civilisation occidentale », et que donc les musulmans n’auraient plus rien à faire ici.

Continuer la lecture de Pourquoi l’islamisme ne peut pas être expliqué à partir de la religion

Gottverdammt modern

Warum der Islamismus nicht aus der Religion erklärt werden kann

Norbert Trenkle

Wie immer nach einem islamistischen Terrorakt, kreiste auch nach dem Massaker in der Redaktion von Charlie Hebdo und in dem jüdischen Supermarkt in Paris die öffentliche Debatte sogleich um die Frage, was denn nun „der Islam“ damit zu tun habe. Immerhin wurde diese Frage auf offizieller politischer Ebene und in den Massenmedien diesmal deutlich weniger aggressiv gestellt als bei vorangegangenen Anlässen. Es überwog der Tenor, die Gesellschaft dürfe sich nicht spalten lassen, und terroristische Gewalt sei von keinem religiösen Standpunkt aus zu rechtfertigen. Doch das klang ein wenig wie das berühmte Pfeifen im Walde. Denn es ist leider ziemlich klar, dass die Wahnsinnstaten von Paris Wasser auf die Mühlen des rassistischen und nationalistischen Fundamentalismus in ganz Europa sind, der immer lautstarker verkündet, der Islam sei seinem Wesen nach mit den Werten der „abendländischen Zivilisation“ nicht vereinbar und Muslime hätten daher hier nichts zu suchen.

Continuer la lecture de Gottverdammt modern